Hola !

Un « spécial Epecuen »  parce que l’histoire de cette station balnéaire est peu commune !

Déjà, nous découvrons au fil de nos (nombreux!) kilomètres que le sel sur terre est chose assez répandue. Il y avait les salinas grandes tout au nord de l’Argentine et depuis, presque partout, nous longeons des salinas (des grandes et des chiquitas).

Le lago Epecuen, également entouré de salinas, est un lac d’eau salé : dix fois plus salé que la mer en certaines époques et exceptionnellement chargé en minéraux. La même composition que l’eau de la mer morte, nous a-t-on dit.

Les propriétés de ces eaux seraient merveilleuses et dès 1921, des thermes sont construits, puis des hôtels, des résidences, tout un village. Dans les années soixante, un grand complexe balnéaire voit le jour, avec également une piscine d’eau douce. Epecuen, desservie en train, situé relativement près de Buenos Aires (à l’échelle de l’Argentine, huit cents bornes tout de même !) est une station balnéaire réputée et très courue.

Une petite image d’Epecuen à la grande époque :

Mais le niveau de l’eau varie dans le lac et il est parfois quasiment à sec. Gros problème d’un point de vue touristique. Les ingénieurs spécialistes de l’hydraulique se mettent à étudier le sujet et proposent la construction d’un canal capable de relier le Lago Epecuen à d’autres lagunas situées en amont, afin de ramener de l’eau par un système de « Lagunas Encadenadas ». Le canal est construit en 1975 : l’eau de tous les lacs coule vers Epecuen situé plus bas en altitude mais qui lui, n’a pas de déversoir – c’est d’ailleurs cela qui explique son eau chargé en minéraux, il ne peut que s’assécher. Dès 1980, une saison de pluie intense oblige à construire un mur pour protéger le village car le niveau de l’eau monte dangereusement. Et en 1985 c’est finalement la catastrophe : une saison des pluies encore plus intense se termine par l’inondation du village. A départ, tous ont pensé que les eaux allaient se retirer mais l’été suivant le village était toujours sous quatre mètres d’eau. Et l’eau a continué à monter pendant les années 90, pour culminer à 7 mètres.

Ce n’est que pendant les années 2000 que les eaux vont commencer à baisser et depuis 2012, le village d’Epecuen est réapparu, après plus de trente ans dans les eaux salées.

Voilà donc à quoi ressemble aujourd’hui la station balnéaire la plus courue d’Argentine.

Pour tout dire, je pensais voir là-bas les vestiges architecturaux d’une ville des années soixante, qui aurait été comme préservée sous les eaux. Mais pas du tout : il ne reste rien et ce qui a le mieux résisté, ce sont les arbres pétrifiés par sel.

Et puis l’eau est remontée car une partie du site est à nouveau inondée. Comme les eaux sont très salées, ça sent un peu le bigorneau.

Voilà pour se rappeler qu’il ne faut pas contrarier la nature et que rien n’est éternel…

Puisqu’il n’y a plus rien à Epecuen, nous étions donc au camping dans la ville d’à côté, à Carhué, qui a perpétué la tradition thermale. Il y a avait donc pour nous une petite mer morte, constituée d’eau du lac Epecuen transporté dans une citerne. L’eau était (très) chauffée – pour améliorer le pouvoir de guérison ou pour y rester plus longtemps, nous ne savons pas.

Nous nous sommes donc baignés là-dedans même si nous n’avons pas les maladies qu’il faut pour que ça nous améliore un peu quelque chose. Pour tout dire, l’endroit apparaît vétuste car le sel détruit tout : le bord de la piscine mais aussi la peinture, tout est rouillé.

Avec tout ce sel, évidemment, on flotte comme pas possible. D’ailleurs, c’est l’idéal pour une leçon de natation (si seulement la motivation était là…). Mais ça pique aussi les yeux : hors de question de faire des batailles d’eau.

On en est ressortis décapés !