Alors nous avons entrepris de traverser la Pampa, c’est le nom des vastes étendues de ces latitudes mais aussi le nom de la région d’Argentine où nous étions. Les routes sont droites, et plates, le trafic quasi nul hormis les camions qui transportent le bétail, le soja, l’essence. De chaque côté, il y a des vaches qui paissent. Pendant des centaines de kilomètres. Des fois, il y a des petits moulins à vent comme dans Lucky Luke. Nous pouvons faire d’assez grandes distances car nous allons vite sur ces routes, les kilomètres filent (bon, à la vitesse de la furgoneta qui n’est pas non plus une fusée), et nous avançons bien.

Le dimanche, c’était donc journée d’élection en Argentine (le blog a pas mal de retard), nous arrivons dans un camping pour apprendre que tous les lieux de réunions sont fermés. Donc, pas de camping ce jour-là car les camping argentins sont aussi l’endroit où l’on vient à la journée pour le barbecue du week-end. Interdit également de vendre de l’alcool jusqu’à 20 heures pour améliorer la capacité de concentration du citoyen.

Cela nous a valu un détour, une petite séquence de conduite sur sable et la découverte d’un coin de pampa fort joli qui nous a changé de la terre à vache. Voici donc la pampa non exploitée pour la production de bétail, près de la Laguna Chasico. Ici comme partout en Argentine, il y avait plein d’oiseaux : des chouettes, des aigles, des flamands roses, des mouettes, et plein d’autres. Tellement d’oiseaux que nous sommes un peu obligés de nous dire qu’en France, il n’y en a plus beaucoup…

Les hasards de la route et des rencontres nous ont ensuite emmenés jusqu’à la chacra de Gabriel où nous avons été si chaleureusement reçu que nous sommes restés plusieurs jours. Le principe d’une chacra c’est une maison sur un grand terrain – ce qui peut signifier plusieurs dizaines d’hectares en Argentine -, sans qu’il s’agisse pour autant d’une estancia – plusieurs centaines ou de milliers d’hectares de terre -.

Là-bas, il y avait une forêt de peupliers, des chevaux, un poney, évidemment des chiens (l’Argentine sans les chiens, ce ne serait pas vraiment l’Argentine). Du coup, les enfants auraient bien aimé adopter un teckel ! (Gabriel nous a proposé un chiot mais, vraiment, je crois que ça ne va pas être possible).

Au printemps, dans ce coin-là, il y a des respounchous et nous en avons fait plusieurs récoltes pour le repas du soir. En vérité, ce ne sont ni vraiment des asperges vertes, ni vraiment des respounchous comme il y en a en Auvergne ; c’est une espèce entre les deux qui a les qualités des deux sans les défauts, un truc super.

Gabriel construit sa maison dans la chacra, c’est une maison construite avec le bois des peupliers qui poussent aux alentours. En bas, pour améliorer l’isolation, il y a une couche de paille. Tout l’intérieur sera recouvert de terre pour assurer la jointure des planches et améliorer l’isolation, ainsi que la paille de l’extérieur pour la protéger. Nous avons – fort modestement – contribué à enduire le bas des murs, sur une partie de paille de l’extérieur. Ce n’est pas grand-chose et ça nous a fait plaisir. On espère que tout sera fini pour l’hiver prochain, cela représente tant de travail de construire une maison, je ne sais même pas comment c’est possible.

Enfin, pour les baroudeurs, voici comment on peut faire un réchaud à alcool avec deux fonds de canettes : les rassembler pour former une petite boîte, faire des trous et… ça marche ! (Insister jusqu’à ce que l’alcool soit chaud à l’intérieur pour avoir les flammes dans les petits trous et fermer le trou du centre avec une pièce de monnaie).

Nous avons été accueillis dans la chacra avec une amitié incomparable, comme cela nous arrive en Argentine. Ce sont des rencontres précieuses mais à chaque fois nous repartons, peut-être que nous ne savons pas trop nous arrêter longtemps et que nous avons tort, je ne sais pas, ce n’est pas forcément facile.

Mille milliones de gracias a ti, Gabriel, por esos dias en tu casa ! Que suerte de encontrarte… Espero que nos veremos de nuevo… Que podras viajar con tu hija… Ojala.

Bises à tous, et à bientôt ! Merci pour vos messages. C’est vrai qu’on ne répond pas trop mais… nous allons répondre ! Et ça nous fait chaque fois bien plaisir de vous lire.