Nous avons donc retraversé les Andes d’ouest en est pour revenir en Argentine. En chemin, nous avons visité la maison où le bandit Butch Cassidy s’est un temps établi avec sa femme Etta Place et Sundance Kid. Ils se sont cachés là, dans un coin de Patagonie qui devait être assez inaccessible en 1901. Mais leurs bonnes résolutions, s’ils en ont eu, n’ont pas duré bien longtemps ; ils ont craqué sur un énième casse de banque à Rio Gallegos et puis de toutes façons, la police les avait repérés. Ils ont vendu la maison pour repasser au Chili.

Voici le bonhomme et la maison, en lisière de forêt et au pied des Andes, dans un style très « cow-boys et grands espaces ». A l’époque, quand on volait des centaines de milliers de dollars, on allait se cacher dans une baraque en planches – le monde a bien changé! Bref, si jamais vous avez besoin de vous mettre au vert, la Patagonie reste une option (attention, hivers très rigoureux).

Ensuite nous avons traversé la région très touristique de Bariloche, très courue tant par les argentins que par les étrangers. C’était un peu une espèce de Suisse latino : des lacs et des montagnes recouvertes de forêts. En hiver, c’est idéal pour le ski et en été, pour la baignade. Nous sommes en pleine saison touristique puisque ce sont les grandes vacances d’été et c’est sans doute une destination un peu chic, dans une Argentine plus chère que d’habitude. Il y en a quand même pour tous les budgets : chalets, cabanas, campings et aussi bivouacs gratuits parce que l’Argentine reste une terre de liberté. Dans les petites villes, l’ambiance c’est un peu Courchevel avec façades en bois, vente de confiseries ou d’articles de sport. Sur les routes, c’est plutôt les gorges du Verdon en plein mois d’août avec des files de voitures garées près de l’accès aux plages. Autant vous dire que cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu autant de monde.

Nous avons parcouru la région de lac en lac, et notamment la bien nommée « route des 7 lacs » en avançant un peu tous les jours. Ambiance estivale agréable et baignade. On essaie toujours de pêcher mais le poisson ne mord pas. Bizarrement, nous n’avons pas vu d’autres camping-cars français. Par contre, nous avons croisé des cyclistes, dont pas mal de français, qui parcourent la « Ruta 40 ». C’était un épisode sympathique, quoique pas particulièrement dépaysant.

Nous sommes restés à la campagne en passant au large de Bariloche – la grande ville du coin – et nous avons fait des arrêts « Supermarché – Diesel – WhatsApp » dans des petites villes. La région a très, très mauvaise réputation pour ce qui concerne les campings car et il y a des beaucoup de récits de véhicules forcés, uniquement à Bariloche et alentours. Il suffit d’une bande, les héritiers de Butch Cassidy version monde moderne ?

A part ça, et après trois mois d’attente, nous avons eu notre colis !!! Après que La Poste nous ait annoncé une erreur dans le numéro de suivi (liberté d’emploi du subjonctif), puis plus rien, puis une soufflante de ma mère au bureau de poste à Paris, puis une recherche qui prendrait 30 à 90 jours ( !), puis un retour à l’envoyeur (super), et bien non : envers et contre tout ce colis a poursuivi sa route et il a bel et bien été livré là où c’était prévu. Mais avec… trois mois de retard sur les 10 jours annoncés (c’est vrai que ça paraissait un peu ambitieux). Autant vous dire que le colis est arrivé à l’autre bout de l’Argentine mais dans la transversale parce qu’entre-temps nous sommes descendus et remontés, donc on est revenu exactement à la même latitude de l’autre côté du pays, c’est fou ça. Un fort sympathique ami argentin a pu le réceptionner (envoi poste restante) et nous l’a renvoyé par bus et ça y est, on l’a eu ! Merci à tout ceux qui ont contribué à l’envoi de ce paquet : nous avons nos livres et l’indispensable et magnifique opinel à bout rond.

La prochaine fois, je vous raconte des trucs plus intéressants que la région des 7 lacs (mais moins ébouriffant que l’histoire du colis). Ce n’est pas toujours dans les endroits les plus touristiques que nous sommes le plus impressionnés – même si c’est toujours chouette de se baigner dans des lacs, je n’oublie pas que janvier, de votre côté, ça ne rigole pas…

Bises !