Bonjour !

Ça fait dix jours que nous n’avons pas écrit… mais c’est que nous avons été pris par le voyage. Je tâche de faire plusieurs textes pour vous raconter tout ça !

Alors nous avons quitté Tarija, qui restera pour nous la ville des garagistes, sans avoir résolu complètement le problème du démarrage. Nous avons rejoins Tupiza, la porte d’entrée du Sud Lipez par une très belle route de haute montagne. Nous sommes arrivés au camping le même soir qu’une famille suisse qui voyage depuis deux ans dans un très gros camion. Nous nous sommes bien entendus, les enfants jouent avec les deux filles suisses, et nous avons décidé de tenter ensemble la traversée du Sud Lipez. C’est une région magnifique, un plateau à plus de 4000 mètres d’altitude, uniquement accessible par des pistes, avec des monts qui culminent à 5000 mètres. Nous ne nous serions pas engagés seuls mais les suisses sont sereins et expérimentés, c’est pour nous l’occasion de nous engager sur cette route. La chance nous sourit à nouveau!

Nous nous préparons donc pour cinq jours de bivouac : courses, eau, et carburant. Il n’y aura rien sur la route. Je ne pourrais pas vous dire toutes les choses magnifiques que nous avons vues : des paysages fantastiques, des montagnes, des volcans, des lagunes, le salar Chalviri, des flamands roses, des lamas, des vigognes. Mais je raconte quand même un peu le déroulé de notre périple.

Le premier jour nous faisons un énorme dénivelé, la route est superbe, le temps aussi, nous parcourons une montagne escarpée. Nous trouvons un bon bivouac en fin d’après-midi. Et par grand beau temps en septembre, le thermomètre descend à -8°C la nuit. Le lendemain, le paysage me semble encore plus beau : nous sommes en haut et nous roulons sur le plateau, nous déjeunons à 4700 mètres d’altitude et le soir nous dormons dans un endroit splendide, les enfants font des cabanes ou bien je ne sais quoi avec la pelle, le soleil se couche sur le mont Lipez. Un berger rentre ses lamas pour qu’ils ne se fassent pas manger par un puma.

Le jour suivant, nous tournons autour du Lipez, les paysages sont inoubliables. Nous passons un col à 5000 mètres d’altitude, furgoneta gravit tout et franchit tout. Nous visitons une mine d’or abandonnée qui a été construite par les espagnols, vestige d’un ancien monde et de tout cet or andin qui a enrichi l’Europe. Nous poursuivons jusqu’à la laguna Morijon où nous voyons des flamands.

Au début du périple, nous avions convenu de rester sur la « route principale » (sur laquelle nous avons croisé deux jeeps par jour au maximum). La route est dessinée en jaune sur la carte. Mais nous nous enhardissons, nous quittons la route jaune pour nous engager sur la blanche, et puis finalement nous sommes sur les tirets verts… Nous allons jusqu’à la laguna Celeste qui est à l’écart des circuits touristiques, au prix d’un détour de 70 kilomètres. Comme nous roulons à 10 kilomètres heure sur cette route, c’est un effort considérable. Nous arrivons tard au bivouac, et exténués. La route a été très mauvaise, avec des pierres coupantes qui nous font craindre de crever une roue. Christophe a du conduire comme jamais et la journée se termine par un mauvais passage avec un dévers dans le sable. Nous arrivons juste à temps pour voir le soleil se coucher sur la lagune. C’est un bivouac à 4500 mètres d’altitude.

Le lendemain, nous roulons beaucoup. Nous n’avons pas réussi à partir vraiment tôt et il y a encore 100 kilomètres à faire dans la journée. Cela semble peu mais en roulant à 20 kilomètres heure maximum, c’est beaucoup. Nous avons une belle pause pour le déjeuner mais ensuite, il faut avancer et nous ne nous arrêtons plus beaucoup même si nous traversons un très beau plateau avec des lagunes, des pâturages d’altitude, des lamas. En plus, nous avons rejoint une route un peu plus empruntée et il y a de la tôle ondulée. C’est horrible à conduire et sans aucun doute, le véhicule est mis à mal.

Nous avons trop poussé nos limites, sans doute, en faisant le détour par la laguna Celeste. En fin de journée, le fatigue se fait sentir dans les deux familles, ainsi que quelques dissensions sur le rythme. Mais le bivouac au milieu du salar Chalviri fait passer tout cela parce que c’est l’un des plus beau endroit où s’arrêter. Il y a des flamands roses, des vigognes, c’est splendide. Et puis il reste encore un peu de temps pour se promener au bord de la lagune ; les enfants ont trouvé des plumes de flamands roses, ils jouent bien tous les quatre.

Le dernier jour, nous traversons le salar Chalviri et nous nous engageons dans le désert de Dali, route peu empruntée, et plus facile. Les paysages sont ceux des tableaux de Dali, véritablement.

Il n’y a rien sur la route, hormis des tout petits villages où on peut acheter des gâteaux secs et où sans doute, on peut trouver de l’eau. Mais pas de carburant, inutile d’y penser. Nous devons donc rejoindre San Pedro de Atacama au Chili, à 50 kilomètres de là, comme prévu. Nous quittons donc le Sud Lipez après avoir vécu une aventure mémorable mais aussi éprouvante : nous avons beaucoup roulé pendant cinq jours, sur des pistes difficiles.

Il y a aussi eu l’altitude : nous sommes essoufflés (beaucoup plus que les enfants), nous avons mal à la tête le matin, un soir Loup était complètement anéanti. Et il ne fait pas bien chaud et il y a un vent permanent qui empêche aussi de rester longtemps dehors. Dès que le jour est tombé, nous nous calfeutrons au chaud dans le camion. Ce que nous avons vu, et vécu, pendant cette semaine restera sans nul doute parmi les plus grands moments de notre voyage !