Salut !

Après notre traversée de la Pampa, nous sommes entrés en Patagonie par la province du Chubut et nous avons rejoint la côte atlantique après quatre mois loin de la mer.

Ci-dessous, un petit épisode « faune de Patagonie » car il est vrai qu’ici, nous avons vu des tas d’animaux, et pas des plus farouches… Donc beaucoup de bestioles (y compris des très grosses) dans ce qui suit.

Première destination : l’incontournable péninsule Valdès où l’on peut voir les baleines qui restent là avec leurs baleineaux jusqu’en décembre avant de rejoindre le large. Il est possible de prendre un bateau pour s’en approcher, la caractéristique de la baleine franche australe étant, précisément, la franchise qui lui vaut son nom : elle reste à côté des bateaux.

C’est l’expédition touristique du coin, très courue tant des étrangers que des argentins, et il faut dire que c’est tout de même impressionnant et assez inoubliable pour les enfants. On peut voir le dessus de la baleine, elles ont plein de coquillages sur la tête, elles soufflent des jets d’eau et elles chantent – ça fait un gros bruit.

Ensuite, tour de la péninsule avec phoques, éléphants de mer, pingouins et lions de mer (ici, ce sont des Loups de mer, Lobo marino). Ce sont des animaux qui font des gros tas sur la plage et qui ne bougent pas. On pourrait avoir l’impression que ça ne va pas fort, que peut-être ils sont malades, qu’ils ont mangé un poisson pas frais, mais non, ils se reposent. Ils se reposent vraiment. On vous laisse admirer l’esthétique contestable de l’éléphant de mer dont le rugissement ressemble à un énorme rot. Pour ce qui concerne les lions de mer, il faut remarquer une jolie crinière et pour le côté sonore, ça ressemble à un troupeau de chèvres. Ces animaux se rassemblent tous les ans au même endroit exactement (ce qui simplifie pas mal l’organisation du tourisme). Pour les Lobo marino, ça s’appelle une « loberia ». On en a vu plusieurs et immanquablement, les animaux sont là.

Ensuite, car nous n’en avions pas fini avec les animaux, nous sommes allés à Punto Tumbo qui est une « pinguinera », un lieu de rassemblement de pingouins. En ce moment, les pingouins couvent et les petits vont bientôt naître. Des milliers de couples de pingouins sont donc là, et le pingouin n’est pas non plus un animal craintif. Les bestioles restent dans leurs nids sur leurs œufs, par crainte de se les faire piquer par des mouettes. En avançant la main, on pourrait les toucher. Ici, le pingouin est roi, les touristes restent sur le chemin, et prière de laisser la priorité aux pingouins qui souhaiteraient traverser.

Nous avons également vu un tatou, c’est une bestiole que nous avions envie de voir depuis le début du voyage. (Le premier que nous avions vu sur la route, j’ai bien failli la transformer en crêpe.) Il y en a plusieurs espèces que nous sommes incapables de différencier, des peludos ou des mulitas, des pinches -. On en a vu pas mal depuis, sur les pistes de Patagonie.

Le paysage de Patagonie, surtout le long de la nationale 3, ce n’est pas toujours très photogénique : ce sont de grandes étendues plates, avec une végétation rase d’épineux qui poussent en touffes, des moutons et des guanacos (Pour nous, le guanaco, c’est devenu un peu comme le pigeon pour vous : on ne prend plus de photo. Quand je pense que le premier qu’on a croisé, il y a trois mois, ça a été l’occasion d’une crise parce que Loup l’avait vu et pas Charlie… si jeunesse savait…)

Mais nous quittons régulièrement la très -très- monotone Ruta 3 et ses convois de camions pour rejoindre le littoral. Nous avons pu voir des coins plus jolis, comme les alentours de Bahia Bustamante. Le bord de mer était vraiment plus beau, avec une côte plus découpée et des rochers, nous y avons vu des lions de mer.

Des fois, les paysages sont plus vallonnés, avec des collines de sables, et nous voyons passer des lièvres de Patagonie (mais côté photo, ils sont trop rapides pour moi). Pour ça, c’est vraiment chouette de voyager avec le petit camion qui va partout : nous ne nous posons pas de question, le temps est sec donc toutes les routes sont bonnes pour nous !

Nous avons aussi vu des nandous, qu’ils appellent ici les choikes. En cette saison, il y a aussi les poussins (ça fait des gros poussins!). Les nandous rassemblent tous les poussins et nous avons croisé un groupe de pas moins d’une cinquantaine de petits.

Nous n’allons plus trop au camping, nous bivouaquons en bord de mer, nous voyons passer des phoques et les enfants ramassent des tas de trucs. Ils ont des omoplates de lions de mers, ça doit être un genre d’animal négligent qui perd des omoplates…

Nous faisons pas mal de route, les distances sont immenses. Le temps est beau mais nous découvrons aussi le célèbre vent de Patagonie. Ici, ça souffle beaucoup, le camion tangue.

Bises !