Coucou et très bonne année 2020 à tous : on vous souhaite de beaux voyages !

De notre côté, nous avons encore avancé et comme toujours nous prenons les auto-stoppeurs, il y en a beaucoup en Patagonie. Cette fois, comme nous ne croisions aucun véhicule sur la route, mais alors aucun, les auto-stoppeurs ont préféré venir avec nous jusqu’au bivouac plutôt que de tendre le pouce au milieu de nulle part sur une route déserte. Ils ont planté leur tente à côté de nous pour qu’on leur fasse le bout de chemin du lendemain jusqu’au village. Chose improbable, le jeune homme finit sa thèse sur « Les réfugiés syriens en Argentine ». A l’occasion, nous apprenons donc qu’il y a une grande communauté lybano-syrienne en Argentine, dont fait d’ailleurs parti l’ex-président Menem, et que l’Argentine a accueilli quelques milliers de réfugiés syriens, dont certains susceptibles de rejoindre de la famille. La thèse dit également que l’État argentin les a laissés à leur sort c’est-à-dire aux bons soins des associations caritatives –  ici comme ailleurs.

Le lendemain, nous avons laissé les auto-stoppeurs en plein vent patagonien, dans un minuscule village au nom étrange Bajo Caracoles (en dessous des escargots?) qui doit sa notoriété à sa situation de seul village à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde, et aussi à son incontournable pompe à essence.

Ensuite nous avons fait faut bond à la célèbre Ruta 40 pour prendre la petite Ruta 41 dont le paysage, effectivement, s’est révélé très joli, avec des bons bivouacs seuls dans les Andes, et parfois même le condor qui plane au-dessus de nous. Dans ces cas-là, nous prenons des provisions, de l’eau et du carburant et nous roulons un peu tous les jours : à peu près deux cents kilomètres en trois jours, en croisant quelques maisons isolées. C’est ainsi la Patagonie… il y a moins d’habitant que de guanacos.

Au bout de la route, nous sommes arrivés à Los Antiguos où nous avons été accueillis dans la chacra de Walter et Paula, dans un vergers de centaines de cerisiers dont les fruits étaient tout juste mûrs à point. C’est notre second séjour dans une chacra, c’est-à-dire une exploitation agricole de taille moyenne, et c’est encore une superbe expérience : des argentins super gentils, un jardin où les enfants peuvent jouer, des copains pour les enfants, l’occasion d’une étape un peu plus longue sur la route et le soleil en prime. C’est qu’il doit y avoir un climat particulier ici, pour que ce soit le pays de la cerise, et le temps était magnifique, de la chaleur. Nous avons su l’apprécier car nous sommes dans le vent depuis à peu près deux mois et quand on vit comme nous dans un petit camion, la météo, c’est essentiel.

Outre le fait de nous accueilli, Walter, Paula et leur famille, Fantino, Ambar, Vladimir et la mamie Nina, nous ont aussi proposé de passer la fête du nouvel an avec eux. Au départ, ils nous ont dit que dans la mesure où ils avaient déjà fait beaucoup d’asados – le traditionnel barbecue très carné d’Argentine -, nous pourrions faire des pizzas. Et puis finalement, moins compliqué, pourquoi pas des choripans : ce sont des sandwiches avec une saucisse à l’intérieur (la saucisse à cuire, ici, s’appelle chorizo). Et puis finalement, arrivé chez le boucher, quitte à acheter les saucisses il est apparu opportun de prendre aussi de la viande, et nous avons fait des choripan et aussi un asado : chassez le naturel, il revient au galop ! Au pays de la cerise, nous avons tenté un clafouti en dessert : bon, il n’était pas mauvais mais pas non plus exceptionnel… (cuit dans un four à pizza). J’ai vu que les argentins, ça les chagrinaient qu’on n’enlève pas les noyaux.

Nous avons passé la journée du premier au bord du lac, à faire du pédalo et à profiter du beau temps. On avait l’impression que toute la région s’était donné rendez-vous là pour bronzer, pêcher et faire du kayak.

De retour à la chacra, comme il y avait des clients pour les cerises, nous en avons rempli deux caisses. Mais il y a tellement de cerises qu’il y en aura de perdues, vu qu’il ne reste que trois ou quatre jours pour tout cueillir. On en a mangé beaucoup, beaucoup… La famille est aidée par les volontarios, c’est le nom argentin pour désigner les candidats au « woofing », cela se pratique beaucoup par ici. Ce sont des voyageurs qui échangent travail contre logement, parfois le repas, peut-être un revenu. Soit ils viennent pour l’expérience, soit ils attendent d’avoir assez d’argent pour poursuivre leur route. Ici, il y avait un jeune français et une américaine mais en général, ce sont plutôt des latinos.

Les enfants se sont aussi bien entendus avec Fantino qui a huit ans, comme Loup. Et la bonne nouvelle, c’est que, ça y est, Loup parle espagnol ! Les enfants ont passé des heures dans le poulailler, à chasser les poules, les mettre sous des caisses et chercher les œufs.

Mais nous sommes repartis tout de même, comme à chaque fois, pour poursuivre notre route… Les enfants font des dessins quand la piste n’est pas trop mauvaise. On a traversé la frontière pour passer au Chili.

On vous fait des grosses bises, comme d’habitude, on pense bien à vous !