Bonjour,

Voici des petites nouvelles !

Nous sommes ressortis du Sud Lipez côté chilien. Passage de frontière un peu surréaliste avec des douaniers qui nous demandent les certificats de naissance des enfants – que nous n’avions pas mais que la loi chilienne prévoit de pouvoir nous demander afin de vérifier, au cas où, que je ne voyage pas avec « les enfants de ma sœur » (!) Vu que nous n’avions pas de carburant pour retraverser le Lipez dans l’autre sens, nous pouvions donc rester à la frontière… je pense qu’ils ont à peu près compris la situation et ils nous ont laissé passer.

Nous sommes arrivés à San Pedro de Atacama, ville très touristique, et après notre semaine en immersion dans la montagne, le contraste a été un peu difficile : prix exorbitants, foule, et nous n’avons pas croisé que des gens sympas. Du coup, nous avons refait le plein et nous sommes remontés jusqu’à la frontière. De là, après avoir pas mal hésité, nous avons décidé de ne pas retourner en Bolivie et nous avons continué la route direction notre pays de cœur, l’Argentine.

Nous traversons encore des paysages magnifiques jusqu’à la frontière, au Paso de Jama. Là, la douane argentine nous demande de jeter tout ce que nous avons qui soit d’origine animale ou végétale. La caisse de légumes y passe et, satisfait, le douanier ne fouille pas plus loin. Ça tombe bien car nous avons la coiffure guaranie de Charlie avec toutes les plumes et les caisses de souvenirs des enfants remplies de feuilles et de graines…

A partir de là, nous avons amorcé la descente vers la vallée, et quelle descente ! Environ 2000 mètres de dénivelé d’un coup. (Je ne dirai plus rien sur la route d’Ardèche qui descend depuis le col de la République!) Mais nous sommes assez contents à l’idée de retrouver un climat plus clément.

A partir de là, nous entamons la phase « cactus » du voyage… on se repose un peu aussi et comme il fait bon, nous pouvons faire des balades.

Ensuite, nous nous sommes arrêtés quelques jours à Salta, la grande ville du nord de l’Argentine. Là, nous étions résolus à réparer notre démarreur. Après toutes ces semaines à démarrer difficilement, et après avoir tout essayé, nous avons finalement accepté de vérifier si c’était le démarreur et effectivement, il était cassé. Au final, le garagiste a travaillé deux heures et demi, il nous a remis le truc droit sur son axe et nous démarrons comme des dieux (à chaque fois, c’est un véritable bonheur). Ça nous a enlevé un épine du pied.

Pour fêter ça, nous sommes remontés dans la montagne pour rejoindre Cachi !

Et un petit bivouac au milieu des cactus dans le parc Los Cardones.

Nous voyons beaucoup de paysages spectaculaires dans la vallée Calchaquiès et la Quebrada de las Conchas. Ce sont aussi des terres très arides, très sèches en cette saison, avec beaucoup de poussière et des journées de canicule. Nous poursuivons notre route peu à peu en faisant des étapes plus ou moins longues. Nous allons quitter tout à l’heure Cafayate qui était pour nous une destination très attendue. Il y a une très jolie promenade à faire ici mais la police en interdit l’accès : la version officielle (de l’office du tourisme) sont des tension entre les indiens diaguitas et les guides avec des agressions de touristes (ils nous racontent ça pour être sûr qu’on n’ira pas, par peur de se faire caillasser le véhicule). Sur place, la version d’un indien diaguita que nous avons rencontré est assez différente : il parle de tension entre les diaguitas et l’État argentin au sujet de l’exploitation du territoire et notamment du sous-sol. Du coup, les diaguitas se sont installés dans la montagne pour rester sur leurs terres et pour des raisons économiques : ils ne peuvent pas s’établir à Cafayate et payer pour l’eau et l’électricité. Nous avons traversé un hameau qui ne ressemblait pas du tout à un bidonville, avec des maisons bien construites, approvisionnées en eau par le rio et équipées de panneaux solaires. Nous ne connaîtrons pas le fin mot de l’histoire et nous n’avons pas bravé l’interdiction concernant la balade du Rio Colorado en feintant le poste de police – ce qui est faisable -. (Par contre, dans les offices du tourisme, on sait qu’on peut toujours y aller quand on n’a pas besoin d’info, on pourrait même leur offrir un Lonely Planet, des fois).

Tout cela sans oublier l’anniversaire de Christophe, qui a fêté ses 41 ans le 1er octobre. Du coup, parrillada le 30 au soir au motif que c’était déjà le 1er en France, et puis glace le 1er quand même, puis re-parrillada le 2 parce qu’il ne faut pas se laisser aller. Mais pas d’origami cette fois-ci, plutôt un tee-shirt de la mythique Ruta 40 qui traverse l’Argentine et sur laquelle Christophe nous conduit depuis une dizaine de jours.

Voilà, Christophe qui fait pas mal de route ces temps-ci, qui est devenu le roi de la furgoneta, qui n’a pas peur du vide ni des tournants !

C’est le printemps ici et nous entamons donc notre descente vers le sud de l’Argentine. J’espère pour ma part retrouver bientôt une région un peu plus verte. Merci à tous pour vos messages, ça fait toujours super plaisir !!!