Coucou tout le monde et on espère que vous avez eu un chouette Noël !

Le blog a du retard, comme toujours. On s’est posé pour fêter Noël dans une petite cabaña, histoire de dormir dans un lit après cinq mois de voyage… parce que ça fait déjà cinq mois que nous sommes sur les routes, mine de rien !

Après la Terre de feu, nous sommes dans le sud de la Patagonie, du côté des Andes, région touristique au possible : Torres del Paine, le glacier Perito Moreno, le Fitz Roy. Ici, les grandes vacances d’été ont commencé, il y a donc des argentins et chiliens, et aussi pleins d’européens, israéliens, asiatiques… bref, on a retrouvé une région de tourisme avec des destinations à cocher parmi les trucs incontournables de la planète, version voyage panini : une collection d’images grandioses. C’est aussi la grande migration vers l’été austral des voyageurs au long cours comme nous avec tout un tas de vans et de camping car.

Nous qui étions immergés en Argentine, nous n’avons plus trop d’occasion de croiser des argentins, on nous parle en english de prime abord alors que notre espagnol est désormais largement meilleur que notre anglais (le mien n’ayant par ailleurs jamais vraiment décollé). On compense par d’agréables rencontres avec des familles françaises et aussi par le plaisir de randonner, ce qui nous manquait pas mal.

Je vous mets Torres del Paine en images. C’est l’été ici, avec soleil, neige et glace :

Nous avons fait la grosse randonnée jusqu’au pied des fameuses Torres : re-très belle performance sportive des enfants sur 22 kilomètres avec 800 mètres de dénivelé et sous la pluie mais avec des copains pour la motivation. Le temps n’était pas avec nous : arrivés en haut, pas de vue sur les Torres, tout dans les nuages. Mouillés, mais heureux.

Après nous sommes repartis vers le nord, nous nous sommes arrêtés à la douane pour repasser du Chili vers l’Argentine, nous avons fait tamponner la sortie du territoire, nous sommes remontés dans le camion et là, bon, la clé bloquée, impossible de démarrer. Rien à faire. C’est comme ça.

On ne choisi pas sa famille, ni l’endroit où on va tomber en panne. Une fois que c’est fait, on regarde le tableau pour compter les points. Éléments favorables : le coin n’est pas complètement désert (il y a une supérette), on a de la connexion donc on peut téléphoner, quelqu’un nous trouve un mécano qui viendra le lendemain, il y a les WC de la douane qui restent ouverts, on a vu passer une moufette qui a un peu ambiancé la situation et des bergers patagoniens avec leurs moutons. Défavorable : le coin est paumé donc pas de garagiste sur place, on est à la frontière mais côté chilien donc beaucoup plus cher qu’en Argentine, il pleut à fond.

Bref, on fait la classe en attendant le mécano (rien d’autre à faire, autant dire que notre motivation pour l’école est immense en ce genre d’occasion), le mécano arrive et démonte la clé de contact avec son tournevis et son marteau pour qu’on puisse redémarrer.

On a rejoint la ville suivante en Argentine en démarrant directement aux fils (expérience inédite, nous pouvons désormais cambrioler un véhicule, au moins le notre, ça peut servir). Nous avons pensé un moment à installer un interrupteur mais finalement le serrurier a réparé le barillet et on démarre de nouveau avec une clé, c’est quand même plus sympa.

Pour ce qui concerne les pannes, on a aussi un peu appris à relativiser. Ça reste un moment de stress mais nous ne le vivons pas comme au début du voyage où la première panne nous a vraiment inquiétée. Déjà, nous avons rencontré d’autres familles et nous savons donc que personne n’échappe aux pannes, c’est un sujet de conversation régulier entre nous : tout le monde fait beaucoup de route, pas mal de piste, on force sur le matériel, peu d’entre nous ont des connaissances étendues en mécanique et du matériel. On apprend à faire confiance aux mécaniciens d’ici : ils connaissent leur métier. Et nous avons un vieux véhicule robuste. On sait aussi que la panne irréparable peut arriver mais péter la clé de contact, ce n’est pas ça qui nous a arrêté.

Cette panne-là, c’était un peu « business as usual ». Je ne vous ai pas tout raconté : les essuies-glace en rade, le frein à main coincé, le pot d’échappement qui se décroche, les cailloux dans le disque de frein, le porte-roue de secours à ressouder… Nous avons rencontré pas mal de garagistes, dont certains avec lesquels nous avons passé de bons moments. Ah, et aussi, nous n’avons plus de compteur de vitesse : ça tombe bien, ce n’est pas un truc hyper essentiel, on s’en passe désormais.

On pense bien à vous en ces périodes de fête ! Passez de bonnes vacances et profitez bien de la dinde aux marrons. Nous ne savions pas trop quoi faire avec les ingrédients du coin, alors Christophe nous a fait un Chili con Carne que nous avons partagé avec une famille française bien sympathique. Ça a été une bonne soirée pour Loup et Charlie qui avaient des copains pour l’occasion.

En France, on a des hauts et des bas, en voyage, on a des très hauts et des très bas. C’est comme ça, l’aventure, il faut choisir de le vivre. On ne peut pas savoir, sur le coup, ce qu’on en retiendra plus tard.

On vous envoie des bises avec un guanaco !